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L’Intrusa

 

Semaine du 25 au 30 Janvier

Un film de  Leonardo Di Costanzo

Italie –  2017 – 1h35 – VOST

Avec : Raffaella Giordano

           Valentina Vannino

           Martina Abbate

             

  L’INTRUSA

Ciné Débat le 29 Janvier après le film

Quelque chose d’un peu coupant, brouillon, colle aux premières séquences du film de Leonardo Di Costanzo, Agitée dès l’orée, cette fiction – du cinéaste italien coutumier du genre documentaire – en une âme aux contours cabossés, semble quêter refuge pour reprendre son souffle. On se demande bien où l’on arrive. Dans un quartier populaire de la banlieue de Naples, des tours de béton jaune soleil aux multiples fenêtres encerclent de plus petits et modestes immeubles d’un centre d’accueil pour enfants. Giovanna, éducatrice bénévole, en est la gardienne à la chevelure acier et au regard vif tel un ciel dégagé et secret.

La police s’introduit dans ce lieu de solidarité pour arrêter un homme lié à la Camorra, responsable du meurtre d’un individu pris pour cible par erreur. Le coupable laisse une femme, Maria, sa jeune fille et son bébé derrière lui, dans ce centre où beaucoup vont vouloir qu’ils partent au plus vite, effrayés par les circonstances et les possibles retombées. Giovanna lutte pour qu’il en soit autrement. Outre la gestion des enfants et des querelles, des ateliers créatifs que l’éducatrice mène avec d’autres intervenants pour créer de grandes fresques murales et autres façonnages artistiques (comme ce pédalo géant et homme ferraille nommé Mr. Jones), elle se tient en figure phare antimanichéenne, visage de nuances et d’acceptations. Selon elle, chacun doit apprendre et changer pour l’autre. Les enfants, bruts et à la fois innocents, y arrivent même mieux que les plus grands.

Le portrait naturaliste que Di Costanzo fait de cette situation est humble, sans enjolivures. Il se pose près des colères et des gestes de soutien puis donne sa confiance à toutes les respirations présentes car aucune n’est forcée, stylisée, appuyée pour faire monter le drame. Le refuge pour les défavorisés forme ce terrain où les émotions se diffusent sans grand problème. Au bord de la route, Giovanna refuse poliment qu’on la dépose chez elle. Le cours du film se trouve là, dans cette déambulation qui n’a pas besoin d’être emmenée au plus vite. Cette femme compte sur le temps pour que la tolérance se fasse, que les maux guérissent. Verra-t-elle juste ? La réponse à cette question n’est pas de notre ressort, semble-t-il presque pas de celui du cinéaste non plus. Le récit est une fiction bel et bien ficelée, écrite et poétique tout en frôlant l’aspect d’un flux documentaire où chaque réponse semble authentiquement décidée par les âmes qui le traversent.

Les petits bâtiments qui forment ce foyer imitent les plus grands environnants. Des trompe-l’œil d’immeubles sont peints sur les murs, s’affublent de fenêtres allumées et promettent plus de vies encore, plus d’habitants. Derrière tout cela se trouve l’Intrusa et le vœu d’un monde moins étriqué, plus vaste. Et à Di Costanzo de nous emmener au cœur d’un abri pourtant si délimité, monde miniature de cohabitation et théâtre des sentiments, qui n’a besoin ni de tout ni de trop pour dessiner le lieu du vivant.

                                                                                                                          

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