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Entretien avec Michel Toesca

Durant trois ans, le cinéaste Michel Toesca a filmé l’arrivée progressive des réfugiés dans la vallée de la Roya, proche de la frontière italienne, avec l’aide de Cédric Herrou, un fermier qui a depuis été condamné. Singulier par sa forme et son ton, Libre est un geste de résistance rappelant que la réponse au drame qui touche les réfugiés doit être l’humanité.

Quel est le point de départ de votre film ?

J’habite dans la Vallée de la Roya depuis dix ans. Comme tous ses habitants, j’ai été confronté ces dernières années à l’arrivée progressive des réfugiés. Quelques mois auparavant, à Vintimille, ville italienne située près de la frontière, j’avais constaté la présence de deux ou trois cents migrants qui traînaient dans les rues et dormaient sur la plage. C’était en 2015, et ils n’avaient pas encore gagné la Roya. C’est à ce moment-là que j’ai pris ma caméra et commencé à tourner. C’est donc en Italie que tout a commencé. Je suivais les réfugiés quand ils tentaient de passer la frontière et d’arriver dans la Roya.

Comment s’est nouée votre collaboration avec Cédric Herrou ?

Je connaissais Cédric depuis longtemps et il m’a un jour confié qu’il aidait des réfugiés. C’est le seul qui, pendant ces trois années de tournage intense, n’a jamais lâché prise. C’est la raison pour laquelle il est la figure centrale du film. La complicité et l’amitié qui me lient à Cédric m’ont permis d’être au plus près de l’action et de filmer des instants d’allégresse et de fête essentielles en dépit d’une situation très grave.

De quelle façon avez-vous procédé sur le terrain ?

Pendant deux ans, j’ai tourné et monté seul. Quand Jean-Marie Gigon, le producteur, a finalement décidé de s’impliquer dans le développement du film, j’ai demandé à travailler avec un monteur pour être encore plus près de ce qui se passait sur le terrain. Catherine Libert, en qui j’ai une très grande confiance, a accepté de se voir confier le projet. Je me suis ainsi déchargé de l’idée de la narration et je me suis concentré sur l’action. J’ai commencé à tourner au mois de juin 2015 et j’ai terminé en novembre dernier. La neutralisation de la vallée a amené une fin au film, une fin qui faisait sens.

Comment les réfugiés ou les aidants ont-ils accueilli votre caméra ?

Au début, les gens étaient très réticents car rien n’était encore médiatisé. Petit à petit, le levier politique soulevé par la médiatisation croissante a débloqué les situations. Parfois, lorsqu’elles étaient tendues, j’organisais avec quelques complices que des images soient tournées à l’aide de téléphones portables.

Qu’est-ce qui vous a marqué durant ces trois ans de tournage ?

Ce qui était très intéressant, c’était de voir à quel point les réfugiés ne se retrouvait pas dans la Roya comme à Paris ou à Calais : face à un mur. Ils étaient accueillis ! Il y avait une force très positive dans cette dynamique de voyage. Une énergie qu’ils nous ont communiquée, avec des rires et beaucoup de fantaisie. Cette joie de vivre a porté le film et nourri notre façon de faire face à la situation.

Que représente ce film pour vous ?

Pour moi, c’est un film politique, un film sur les droits politiques, question inhérente à notre condition d’être humain. Cédric et moi nous sommes toujours définis comme des citoyens qui réagissent à une situation particulière, et non comme des militants. Ce film est un geste de création qui se pose comme une action de résistance. Le cinéma joue dans ces cas-là un rôle essentiel.

Quelle est la situation à l’heure actuelle dans la vallée de la Roya ?

Pendant trois ans, la vallée a été une étape importante du parcours des migrants vers le nord de l’Europe. Aujourd’hui, l’État l’a complètement neutralisée avec une présence militaire et policière démesurée. Les forces de l’ordre se promènent dans les villages de la vallée, font des check-point partout. Cédric a été mis en examen et ne peut plus agir. Les réfugiés savent qu’ils ne peuvent plus passer par la Roya. C’est pour cette raison qu’ils passent désormais par le col de l’Échelle, près de Briançon.

Rédigé par Benoit Pavan à Cannes le 17/05/2018.

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L’Ordre des Choses / Human Flow les 25 Avril et 16 Mai 2018

« L’Ordre des Choses » film de Andréa Segre  le 25 Avril 2018

SYNOPSIS

Rinaldi, policier italien de grande expérience, est envoyé par son gouvernement en Libye afin de négocier le maintien des migrants sur le sol africain.  Sur place, il se heurte à la complexité des rapports tribaux libyens et à la puissance des trafiquants exploitant la détresse des réfugiés.
Au cours de son enquête, il rencontre dans un centre de rétention, Swada, une jeune somalienne qui le supplie de l’aider. Habituellement froid et méthodique, Rinaldi va devoir faire un choix douloureux entre sa conscience et la raison d’Etat : est-il possible de renverser l’ordre des choses ?

« Human Flow » documentaire de Ai Weiwei  le 16 Mai 2018

SYNOSPSIS

Plus de 65 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur pays pour fuir la famine, les bouleversements climatiques et la guerre : il s’agit du plus important flux migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Réalisé par l’artiste de renommée internationale Ai Weiwei, HUMAN FLOW aborde l’ampleur catastrophique de la crise des migrants et ses terribles répercussions humanitaires.

Tourné sur une année dans 23 pays, le documentaire s’attache à plusieurs trajectoires d’hommes et de femmes en souffrance partout dans le monde – de l’Afghanistan au Bangladesh, de la France à la Grèce, de l’Allemagne à l’Irak, d’Israël à l’Italie, du Kenya au Mexique en passant par la Turquie. HUMAN FLOW recueille les témoignages des migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité. Ils nous parlent des camps de réfugiés surpeuplés, de leurs périples en mer à très haut risque, des frontières hérissées de barbelés, de leur sentiment de détresse et de désenchantement, mais aussi de leur courage, de leur résilience et de leur volonté d’intégration. Ils évoquent la vie qu’ils ont dû abandonner et l’incertitude absolue d’un avenir meilleur. Human Flow approche des milliers de vies humaines bouleversées, maltraitées. On a souvent l’impression de traverser des no man’s land, des régions frappées par l’apocalypse, en compagnie de fantômes. Les situations varient — les box aménagés dans le gigantesque hangar de l’aéroport de Tempelhof, à Berlin, paraissent luxueux à côté de Sangatte, des camps palestiniens ou de Dadaab, au Kenya. Le film peut paraître décousu : Ai Weiwei n’a pas de message à délivrer, il rappelle simplement de manière directe, affolante et belle, que tout être humain a le droit de migrer et d’être accueilli, mais que ce droit fondamental est bafoué. Tout près de nous, dans notre village global.

HUMAN FLOW arrive sur nos écrans au moment même où l’humanité a plus que jamais besoin de tolérance, de compassion et de confiance en l’autre. Il témoigne de la force spirituelle de l’homme et nous interroge sur l’une des questions essentielles à notre époque : la société mondialisée parviendra-t-elle à s’extraire de la peur, de l’isolement et du repli sur soi ? Saura-t-elle se tourner vers l’ouverture aux autres, la liberté et le respect des droits de l’homme

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Programmation exceptionnelle du 7 au 13 février 2018

À l’occasion de l’ouverture de 2 nouvelles salles, Ciné-Mont-Blanc Sallanches et Cinécimes présentent, pendant la semaine du 7 au 13 février 2018, une sélection de films sortis en 2017. Ouvrez le lien pour découvrir les horaires de la programmation:

Rétrospective 2017 Ciné Mt Blanc du 7.2 au 13.2.2018

CHAVELA VARGAS (Catherine Gund, Daresha Kyi)

De Frida Kahlo à Pedro Almodovar, artiste inspirante et inspirée, ce récit composé d’images rares révèle une femme à la vie iconoclaste et d’une modernité saisissante.
Figure de proue de la musique mexicaine Ranchera, CHAVELA VARGAS, restera à jamais empreinte de récits et de légendes. (suite…)

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