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VICE

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D’Adam McKAY– Etats-Unis – 2h12

Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell, Sam Rockwell, Alison Pill.

« Adam McKay réalise un tour de force : nous instruire avec intelligence et humour sur la success story la plus dramatique que l’Amérique ait connue ces dernières années. » (Isabelle Danel, Bande à part)« Vice » est la démonstration implacable d’un système inepte et fallacieux, qui prêterait plus à en pleurer qu’à en rire. Heureusement, Adam McKay opte pour la farce, dans un film jubilatoire, instructif et irrésistible. » (Jacky Bornet, Culturebox-France Télévisions)

 « La critique américaine a désossé le film, soit pour ses inexactitudes historiques, soit pour ses intentions militantes, soit pour son allure de turlupinade sarcastique. Or, c’est justement pour ça que nous, on l’aime. » (François Forestier, Le Nouvel Observateur)

Le 11 septembre 2001, à 9h38, dans une salle faisant office de centre des opérations d’urgence où sont regroupés les plus hauts responsables de la Maison Blanche, règne la plus grande confusion. Les téléphones sonnent de partout. George W. Bush n’est pas là, mais Dick Cheney, si. Vice-président, il outrepasse ses fonctions en donnant plusieurs ordres lourds de conséquences. C’est une blague ? Non, mais c’est tellement énorme que sous l’œil d’Adam McKay cela en devient une.Comment un technocrate grossier et limité tel que Dick Cheney a pu abuser tout le monde, voilà une énigme qui mérite d’être sondée. Le film remonte d’abord jusqu’en 1963 pour décrire l’atypique ascension de celui qui a commencé par saboter consciencieusement son maigre potentiel. Etudiant viré de Yale, il est alors ouvrier le jour et poivrot bagarreur le soir. Sa femme, Lynne, lui pose un ultimatum : soit il se reprend, soit elle part.Un sacré tempérament, cette Lynne. L’héroïne en creux du film, c’est elle (Amy Adams parfaite en bourgeoise patronnesse, auguste, déterminée). Une battante plus douée que son mari, très ambitieuse mais ultraconservatrice, antiféministe, sacrifiant sciemment sa possible carrière personnelle pour pousser son mari. Mais au fond, elle est toujours là, tapie dans l’ombre, à tirer les ficelles, y compris le 11 septembre.

Un troisième personnage haut en couleur : Donald Rumsfeld (Steve Carell) désopilant de grossièreté et de muflerie, le mentor républicain auprès de qui Cheney apprend l’essentiel en matière de cynisme politique.La satire montre les différents échelons gravis par Dick Cheney et finalement comment il a le champ libre pour diriger le pays en sous-main. Il a pu ainsi largement privatiser le pouvoir pour servir ses intérêts financiers.

Extrais de la critique de Jacques Morice, Télérama.

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