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Gu Xiaogang ( Séjour dans les Monts Funchun )

Né le 11 aôut 1988 à Fuyang ( Hangzhou )

Chine

Réalisateur, scénariste

Séjour dans les Monts Funchun

La beauté de Séjour dans les Monts Fuchun est le fruit d’un double désir : déployer une saga familiale tout en s’inspirant d’une célèbre œuvre de la peinture chinoise de paysage sur rouleau de Huang Gongwang (1348-1350), dont le film reprend le titre. Rencontre avec le réalisateur.

« Mes parents tenaient un restaurant à l’endroit que dépeint cette ancienne peinture. Du fait de la rénovation et de la démolition de la ville, ils ont fini leur carrière comme gérants de restaurant. Tout d’abord, je souhaitais écrire une histoire pour commémorer leurs histoires autour de ce restaurant. (suite…)

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Semaine contre le racisme

Du lundi 23 au vendredi 27 Mars 2020 dans le cadre de la semaine contre le racisme, nous vous proposons un film par jour :

– « Get Out » :  lundi 23 mars  19h30 :

2017 / 1h 44min /USA. Thriller de Jordan Peele avec Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener   Interdit aux moins de 12 ans.

Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle-famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

– « BLACKKKLANSMAN-J’AI INFILTRÉ LE KU KLUX KLAN » : Mardi 24 mars  19h30

2018/ 2h 16min / Biopic, Policier, USA, de Spike Lee Avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

– « Django Unchained » : Mercredi 25 mars 19h30

2013 / 2h 44min / USA. Western de Quentin Tarantino avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo Di Caprio. Interdit aux moins de 12 ans

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs

– « Detroit »Jeudi 26 mars  19h30

2017 / 2h 14min /USA Drame, Thriller de Kathryn Bigelow, Avec John Boyega, Will Poulter, Algee Smith. Interdit aux moins de 12 ans

Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation.
À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux. Le bilan sera très lourd : trois hommes, non armés, seront abattus à bout portant, et plusieurs autres blessés…

– « Queen & Slim » :  Vendredi 27 mars 19h30

2020 / 2h12min /USA. Thriller, drame de Melina Matsoukas avec Daniel Kaluuya, Jodie Turner-Smith, Bokeem Woodbine

En Ohio à la suite d’un rendez-vous amoureux, deux jeunes afro-américains qui se rencontrent pour la première fois, sont arrêtés pour une infraction mineure au Code de la route. La situation dégénère, de manière aussi soudaine que tragiquement banale, quand le jeune homme abat en position de légitime défense le policier blanc qui les a arrêtés.

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Carlo Mirabella-Davis ( Swallow )

Naissance en 1981 aux USA

Chef monteur, réalisateur, scénariste

Swallow

Entretien avec Carlo Mirabella-Davis

Je voudrais commencer par parler de la toute fin du film, à savoir les images qui accompagnent le générique. Comment avez-vous eu l’idée de ce glissement progressif de l’individu à l’universel ?

Ça a été le fruit d’une longue réflexion entre mes producteurs et moi. J’ai écrit pas mal de versions, et la plupart se sont retrouvées jetées en boule dans ma corbeille. Mon idée de base c’était qu’Hunter devait se retrouver dans un lieu intime et isolé. Or les toilettes sont un lieu qui revient régulièrement dans tout le film, c’est un sanctuaire, un lieu qui procure du réconfort à Hunter. (suite…)

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Manele Labidi ( Un Divan à Tunis )

Né en 1982 en région parisienne

Franco-tunisienne

Réalisatrice, scénariste

Un Divan à Tunis

ENTRETIEN AVEC MANELE LABIDI

Comment est né le projet ?

La Tunisie a toujours été pour moi une matière cinématographique puissante, de par ses paysages, sa lumière et la complexité de ses habitants au carrefour entre culture arabo-musulmane et méditerranéenne. Je savais que mon premier film se passerait à Tunis mais c’est la révolution tunisienne qui a été le véritable déclencheur.La révolution a rendu le pays tout d’un coup « bavard » après des décennies de dictature (suite…)

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Le Photographe

LE PHOTOGRAPHE 
Réalisé par RITESH BATRA
INDE – 2019 – VOST
En faisant se croiser, dans la même ville, un photographe des rues nommé Rafi et une jeune étudiante de bonne famille, Miloni, le réalisateur Ritesh Batra poursuit son observation de la société indienne, où les fossés séparant les différentes classes semblent infranchissables. Au point qu’entre Rafi et la jolie Miloni, aucune relation n’est envisageable : parce qu’il a pris une photo d’elle, il la fait passer pour sa petite amie afin d’apaiser sa grand-mère, fermement décidée à le marier. La timide demoiselle se prête au jeu par gentillesse.

Si l’on voit venir le retournement de situation, ce moment où le faux couple affrontera le désir d’en devenir un vrai, le film ne cesse pourtant d’étonner. À travers des scènes qui tirent le meilleur du personnage de la grand-mère, la comédie s’installe, soutenue par tous les amis de Rafi, qui lui parlent de sa promise et de mariage au beau milieu des occupations quotidiennes, en l’apostrophant quand il passe. Voilà l’amour en Inde : une histoire que tout le monde suit et commente comme un feuilleton, une romance qui s’écrit avec la famille, les voisins, joyeusement ! Mais lorsque Rafi s’interroge sur ce qu’il éprouve pour Miloni, il parle avec un fantôme venu le visiter…

C’est alors le mystère que le réalisateur interroge : celui des sentiments, qui naissent dans le plus grand secret et poussent l’une vers l’autre deux personnes qui n’avaient aucune intention de s’attacher l’une à l’autre. La force véritable et irrépressible de l’amour, qui échappe à tous les romans-photos, à tous les clichés, est montrée avec une superbe délicatesse, observée avec une justesse qui va droit au cœur.

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Un divan à Tunis

UN DIVAN À TUNIS

Un film de  Manele Labidi

France/Tunisie – 1h28 –  VOST

Avec : Golshifteh Farahani, Majd Mastoura,..

La scène d’introduction – quiproquo autour du célèbre portrait photographique de Sigmund Freud portant la chéchia rouge, le couvre-chef traditionnel tunisien – dit bien d’emblée toute la fantaisie de ce film, et tout l’humour de sa pétillante héroïne, Selma, fraîchement débarquée de Paris pour installer son divan à Tunis ! Car n’en déplaise aux langues de vipères, aux oiseaux de mauvaise augure et autres sceptiques locaux qui jurent par le Saint Coran qu’il n’y a pas besoin de psy dans ce pays, Selma est bien décidée à installer son cabinet de thérapeute sur le toit terrasse de la maison de son oncle. Et y a fort à parier que les Tunisiennes et les Tunisiens, en pleine crise existentielle post-révolution, ont bien des choses à lui dire.

Car oui, dans cette Tunisie d’après Ben Ali, la parole, muselée pendant des années de dictature, se libère et le pays redevient bavard, dans un élan un peu chaotique où tout se bouscule : les angoisses du passé, la peur de l’avenir, les désirs et les rêves qui peuvent à nouveau se raconter.

Selma va imposer son art et ses manières, même s’il lui faudra aussi faire preuve d’ingéniosité et d’un sens aigu de la négociation quand il s’agira de montrer patte blanche aux autorités, pas vraiment ravies de voir une jeune Franco-tunisienne proposer à ses concitoyens de venir s’allonger sur son divan, rideaux fermés !

Sans jamais tomber dans une vision caricaturale de la psychanalyse, ni dans les clichés exotiques pour parler de la Tunisie, Un divan à Tunis est un délicieux cocktail d’intelligence, de drôlerie et d’émotion qui raconte, l’air de rien, l’état d’un pays entre l’élan de modernité et le poids des traditions, entre les vieux réflexes d’un temps révolu et le besoin de se construire un avenir meilleur. Un pays qui a besoin de parler, de panser ses blessures, de ne rien renier de son histoire mais d’aller de l’avant. Un pays que l’on découvre en pleine ébullition, avec une jeunesse dynamique, un peuple déboussolé qui se cherche pour le meilleur, ayant laissé le pire dans le rétroviseur. Bref, le patient idéal pour commencer une thérapie. Et si la thérapeute a les traits sublimes et le charisme de la belle Golshifteh Farahani, ça promet !

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Ritesh Batra ( Le Photographe )

Né le 12 juin 1979 à Bombay

Inde

Réalisateur, scénariste

The Lunchbox, Le Photographe

Après The Lunchbox (2013), ce réalisateur indien qui sait raconter avec subtilité les émois sentimentaux les plus inattendus a commencé une carrière américaine. Le Photographe marque son retour au pays : sur des motifs proches des mélos de Bollywood, Ritesh Batra tisse une romance doucement transgressive. Rencontre.

Dans Le Photographe, vous montrez des habitants des quartiers populaires de Bombay qui commentent, par-dessus les étals des marchés, la vie sentimentale de l’un d’eux, un peu comme dans une comédie musicale. Est-ce réaliste ? (suite…)

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La Fille au Bracelet

Un film De Stéphane DEMOUSTIER

France – 1h36

Avec Mélissa Guers, AnaÏs Demoustier,

Stéphane Demoustier raconte la troublante histoire de Lise Bataille, une adolescente de 18 ans accusée du meurtre de sa meilleure amie Flora, survenu 2 ans auparavant.

Construit en quasi huis-clos, ce drame judiciaire sobre et maîtrisé soulève les questions épineuses de la culpabilité et du terrible fossé entre les générations.Le film suit le procès de Lise portant un bracelet électronique; le cinéaste met en scène une haletante confrontation entre les différents personnages ,ne cesse de semer le trouble quand à l’innocence présumée de Lise.En effet à mesure que la vie intime de Lise est dévoilée, la carapace se referme et la vérité devient de plus en plus difficile à discerner.Immergé dans cette brumeuse et sinistre affaire, le spectateur se fait le témoin de l’atroce homicide qui se constitue, pièce par pièce, devant lui.L’arme du crime a disparu, les preuves manquent: l’enquête ne peut aboutir. Regard franc, posture droite, Mélissa Guers est époustouflante dans le rôle de cette adolescente mystérieuse enfermée dans une cage de verre, dont le visage impassible ne révèlera rien, et ce jusqu’au dénouement.Face à elle, Roschdy Zem et Chiara Mastroianni incarnent les parents en détresse, résignés et submergés par le doute et la suspicion.

La caméra du réalisateur s’attache à entretenir la distance entre les personnages prisonniers de leur mutisme .Il parvient à capter l’atmosphère oppressante qui se dégage du tribunal austère dans le quel s’affrontent à tour de rôle 2 femmes de caractère: l’avocate de Lise ,interprétée avec brio par Anne Mercier dont la voix envoûtante et le charisme collent parfaitement à ce personnage de doyenne aguerrie,

la jeune procureure qui n’en démord pas ,campée par une intraitable Anaïs Demoustier

Connait-on ses enfants: leur vie, leurs amitiés ,leurs codes, leur sexualité, leurs rapports aux réseaux sociaux? Doit-on les juger, où la confiance s’arrête?Et cette question qui reste entière: la fille au bracelet est-elle la meurtrière?

Stéphane Demoustier donne un film à voir ce qu’un juré est supposé savoir, nous donne à vivre un procès plus qu’il ne nous le fait voir, nous livre un film fort s’appliquant plus à poser des questions qu’à y répondre évoquant par la même l’idée d’intime conviction.

 

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Séjour dans les monts Fuchun

SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN

 

 GU XIAOGANG, Chine, 2h30, VOST avec Qian Youfa, Wang Fengjuan, Sun Zhangjian

Film-fleuve résolument ambitieux, tenant autant de la peinture chinoise traditionnelle que de la chronique familiale.

“On a vécu ici pendant trente ans et ils ont mis trois jours à le démolir”. La phrase lâchée par un couple de pêcheurs, au début du récit, résume assez bien la démarche artistique du néo-réalisateur Gu Xiaogang : confronter l’intériorité avec le collectif, l’instantané avec l’éternel, l’histoire moderne des hommes avec celle d’un pays fort de ses traditions séculaires. Le film repose ainsi sur une mise en relief constante, mettant en perspective l’évolution de l’individu avec celle de sa famille et du tissu social dans lequel il évolue. Pour ce faire, il s’inspire de la méthode traditionnelle du Shanshui, forme picturale dédiée à l’harmonie physique et spirituelle des montagnes et de l’eau (le titre, d’ailleurs, évoque une œuvre de Huang Gongwang, datant du XIVe siècle). Des œuvres qui ont la particularité d’être peintes sur plusieurs rouleaux que l’on déploie progressivement, faisant ainsi surgir la représentation du monde et donc de la vie. Une technique dont les similitudes avec le cinéma vont être parfaitement exploitées par Gu Xiaogang, le jeune cinéaste s’essayant à l’art délicat de la “caméra pinceau” et du déploiement de plans-séquence…

S’il marche clairement sur les pas de Jia Zhangke, dont les films reflètent les différentes transformations de la société chinoise (Still Life, Au-delà des Montagnes, Les Eternels), Gu Xiaogang n’hésite pas à affirmer ses propres considérations artistiques. On s’en rend compte notamment dans sa manière d’entrelacer les différentes intrigues, délaissant certaines avant d’y revenir au mouvement suivant, jouant astucieusement avec le montage parallèle et les ellipses pour donner une vraie profondeur à son histoire. La mise en scène, le travail sonore, ou encore le soin apporté à la narration, tout est là pour faire de ce “séjour” un moment inoubliable.  C’est la première partie d’une trilogie.

 Extrait de la Critique de Kalopani sur SensCritique.

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Swallow

SWALLOW

 

Carlo Mirabella-Davis–USA-1h35 avec Haley Bennett, Austin Stowell, Elisabeth Marvel. VOST

Swallow nous plonge dans le quotidien d’une jeune et belle ménagère, trophée d’un mari riche et autoritaire, et sous l’emprise d’une belle-famille horrifique. Les images sont luxuriantes, le son est un délice auditif, l’histoire est fantasque, et la performance centrale d’Haley Bennett est époustouflante. Le premier long métrage de ce réalisateur newyorkais, est un véritable exploit. À la première lecture du pitch, Swallow a tout du film d’horreur. Cependant, l’exécution et le contenu narratif bouleverse cette réalité pour le transformer en une histoire qui s’apparente davantage au drame relationnel et conjugal. Le film va plus loin – beaucoup, beaucoup plus loin – en examinant sans peur comment cette jeune femme profondément troublée peut changer sa vie. Car si Mirabella-Davis peint subtilement un portrait sensible et convaincant d’une personne vivant avec le Pica, comportement qui consiste à avaler des objets non comestibles, c’est davantage le rapport d’Hunter à sa famille et sa situation psychologique dans ce cadre de vie, qui attire toute notre attention. Si elle a vécu beaucoup de choses difficiles dans sa jeune vie (sans dévoiler plus qu’il n’en faut), cette femme s’est toujours protégée des confrontations. Elle s’est donc naturellement laissée emprisonner jusqu’à suffoquer dans cette condition de femme-objet. Alors, ce trouble qui s’immisce en elle, et qui a à voir précisément avec les objets (en même temps d’ailleurs qu’un autre corps étranger imposé se développe dans son utérus) s’apparente à la seule chose dans sa vie qu’elle semble pouvoir « contrôler ». Et ce faisant, à travers son trouble, Hunter acquière peut-être les compétences nécessaires pour s’en sortir, telle une libération cathartique que le Pica lui apporterait ; elle ne contrôle pas tout à fait sa compulsion mais, au moins, personne d’autre ne le fait non plus pour elle. Prix spécial du jury au festival de Deauville.                 Extraits de la critique de Gadreau Jean-Luc, SensCritique.

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