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Petite sœur

SEMAINE DU 25 NOVEMBRE AU 30 NOVEMBRE

 PETITE SŒUR de Stephanie Chuat et Véronique Reymond– film suisse 2020 -1H39

Avec Nina Hoss, Lars Eidinger, Jens Albinus, Thomas Ostermeier et Marthe Keller

C’était au festival de Berlin, en février 2020, juste avant le couperet de la crise sanitaire. On découvrait l’une des plus belles révélations de la compétition, Schwesterlein (« Petite sœur »), second long-métrage de deux réalisatrices suisses venues du documentaire, Stéphanie Chuat et Véronique Reymond. L’impressionnant casting avait de quoi rendre curieux, avec trois immenses acteurs de théâtre et de cinéma : Nina Hoss, égérie de Christian Petzold (Barbara, Phoenix) ; Jens Albinus, issu de la scène danoise, qui a percé sur le grand écran avec Lars von Trier ; enfin Lars Eidinger, Hamlet (entre autres) dans la cour d’honneur d’Avignon, en 2008, avec une mise en scène de Thomas Ostermeier. Précisons que Lars Eidinger et Thomas Ostermeier jouent leur propre rôle dans Petite sœur, tout en incarnant des personnages de fiction.

Petite sœur raconte une histoire des plus simples, un amour fraternel, que la mise en scène à la précision suisse et le génial travail sur le son emportent dans un tourbillon virtuose. Lisa (Nina Hoss), dramaturge berlinoise, mène une vie d’expatriée en Suisse qui l’a un peu éloignée de la scène, son compagnon (Jens Albinus) ayant été nommé directeur d’une école internationale de musique, dans les collines verdoyantes de Leysin. Lisa a un frère jumeau qu’elle adore, Sven (Lars Eidinger), célèbre acteur allemand avec lequel elle partage la passion de la scène, héritée des parents (vénéneuse Marthe Keller). Lisa est née deux minutes après son frère, et pour cette raison celui-ci l’appelle ironiquement « petite sœur ».

 Sven est atteint d’une leucémie, il a dû interrompre son travail sur Hamlet. Lisa est persuadée que le plateau et les répétitions vont lui redonner l’énergie, pour affronter la maladie. Le film se consacre alors à tirer les fils de la relation, entre les 2 jumeaux : fils narratifs, musicaux, gestuels et… sans pathos, dans sa course contre le temps, le film transmet dans l’urgence le plus important, la sensation étrange que ces deux êtres sont reliés par quelque chose d’invisible : Lisa se met à écrire un monologue pour tenir son frère en vie et les voilà pris dans la roue du théâtre, ils se lancent à corps perdu dans une pièce pour un acteur, un seul.

Avoir tourné un tel scénario, en 2019, sur ce besoin impérieux de créer, juste avant le confinement a quelque chose de vertigineux et de grandiose, le film le prouve.

D’après la critique de Clarisse Fabre- Le Monde octobre 2021

 

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