LA FILLE DU KONBINI

Du 21 au 26 Mai 26

De Yuho Ishibashi
Japon 2023 : 1H16/ VOST/ Sorti en France le 15/04/26
Avec Erika Karata

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Avec La fille du konbini, la réalisatrice la réalisatrice (c’est son 2° film) propose une fable délicate et minimaliste sur la pression sociale et la recherche d’un sens à sa propre existence, portée par une interprétation sensible d’Erika Karata, actrice révélée notamment dans Asako I & II de Ryusuke Hamaguchi. Inspiré du roman japonais La fille de la supérette (2016), le  film suit Nozomi, 24 ans, qui abandonne un emploi toxique de commerciale dans la publicité pour un job alimentaire dans un konbini, une de ces supérettes emblématiques du Japon qui devient pour elle à la fois un refuge intime et la métaphore d’une société obsédée par la réussite. Le film montre ce qui est devenu son quotidien, répétition des gestes, éclairage au néon, interactions avec ses collègues…
Le point de bascule arrive avec la réapparition d’une ancienne camarade de classe, qui va faire émerger les tensions latentes entre attentes familiales et pression sociale : quitter un emploi prestigieux est une rupture symbolique avec les injonctions normatives de ce système qui valorise l’endurance au travail au détriment du bien-être personnel. L’amitié renaissante avec cette camarade va lui permettre de confier enfin ce qu’elle cachait… Mais le film ne se contente pas d’illustrer l’échec d’un modèle, il dessine une micro-communauté de personnages qui, chacun·e à sa manière, tentent de s’en sortir. La fille du konbini suggère que la valeur d’une vie ne se mesure pas seulement à sa réponse aux injonctions et à sa productivité, mais aussi à l’authenticité des liens tissés et à la capacité de renégocier ses propres préférences face aux normes sociales.
Certains reprochent au récit une certaine platitude narrative — liée à la répétitivité du quotidien de Nozomi — mais elle s’inscrit pourtant dans ce qu’on devine être le dessein d’Ishibashi : montrer combien la quête de sens peut émerger du simple fait d’exister, de voir, de s’incliner vers les petites joies et les rencontres fortuites. Comment réapprendre à vivre quand le monde ne nous a appris qu’à performer dans tous les pans de notre existence ? Vaut-il mieux dissimuler ou perdre la face?
D’après Utopia et Bleu du Miroir

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