cosmos

COSMOS Un film long, minimaliste, mais le peu qu’il dit, le peu qu’il montre, révèle toute la beauté de ce récit inlassablement porté sur les empreintes du septième art. Léon, un indien maya solitaire, les balise sur le sentier qui le mène de sa pauvre bicoque au village voisin, d’une toute autre nature que celle sur laquelle il veille. Elle disparait peu à peu sous les coups de boutoir d’une civilisation urbanisée à l’extrême. Une route est en construction, sa demeure sera détruite. « La terre appartenait à ceux qui savaient la cultiver » dit-il le regard perdu sur ces domaines abandonnés, où seule une riche propriété marque un temps ce que fut l’Histoire de ce pays. Veuve, autrefois universitaire à Mexico, Léa y attend la mort. Leur rencontre, contre-nature, lui l’analphabète, elle la femme de lettre, forge cette attente qui semble planer sur ce coin perdu du Yucatan. Germinal Roaux a beau tempéré sa mise en scène, il y a du Haneke dans cette rigueur continue, cette sévérité des éléments où la pureté virginale alentour contredit la mort qui se rapproche. Minimaliste dans son esprit, impressionnant dans l’expression qui en ressort, ce film subjugue. Il me paraît remettre le septième art dans le sens de sa marche originelle, à l’image de son héros, gardien d’un temple en voie de disparition, à l’écoute de ce nouveau monde, qu’il veut pouvoir fuir. C’est dans sa rencontre avec son contraire, une femme , riche universitaire que cet analphabète va accomplir son devoir, celui de tendre une main à celle qui veut échapper à la mort. Un couple de substitution que Germinal Roaux met en scène dans une rigueur continue, où paradoxalement la pureté virginale alentour contredit la mort qui se rapproche. Un peu à l’image de « L’étreinte du serpent » de Ciro Guerra et de son impuissance à contrôler le monde invisible. De l’analphabète à la femme de lettres, la vieillesse est la même nous dit le réalisateur, dans ce conte philosophique sublimement raconté par Ángela Molina et Andrés Catzín . Un joli couple,

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