CHaO

De Yasuhiro AOKI- Japon – 2025-1H30

Présenté au festival d’animation à Annecy 2025

Un extravagant mariage de raison est le point de départ de ChaO. Dans une Shanghai futuriste les humains coexistent avec des sirènes, Stephan se laisse surprendre par la demande en mariage d’une princesse poisson, dont le royaume noue des relations diplomatiques avec les terriens. Les noces permettraient au constructeur naval, pour lequel le jeune homme travaille, de prospérer.

Si le héros est plutôt ordinaire, la mariée, elle, n’est pas banale : sur la terre ferme, ChaO a des allures d’un grande et dodue carpe rouge. Une personnalité solaire, pleine d’énergie et de volonté, pour s’adapter, par amour, à un monde qui n’est pas le sien. Sa véritable apparence ne se révèle que dans l’eau ou dans un état de confiance absolue. Elle est alors une jeune femme gracile et mystérieuse, apparence plus fidèle à La Petite Sirène, le conte d’Andersen, dont s’inspire librement le film d’animation de Yasuhiro Aoki. Une astuce (narrative et visuelle) permet de jouer graphiquement avec l’élément aqueux et ses reflets, mais aussi les métamorphoses de personnages et leurs sentiments.

Après la noce qui fera grand bruit médiatique, le couple devra alors apprendre à se connaître et à s’aimer dans un contexte où rien n’est propice à leur union, mais où tout se prête à créer des situations comiques. Si les sentiments ambivalents de Stephan alimentent le fil sinusoïdal sur lequel repose le scénario, l’affection de ChaO– dont l’origine sera révélée à l’épilogue du film –, elle, semble indéfectible et ancré

La ville fourmillante et cosmopolite de Shangaï imaginée par l’équipe du studio japonais 4 °C (Amer béton, Les Enfants de la mer) offre un arrière-plan riche et mouvant. Chaque menu détail est chaleureusement orchestré, joue sur une ample palette de physionomies et de couleurs, prête à la réjouissance. Il y a cette poêle à frire suspendue à laquelle Stephan se cogne chaque matin dont le bruitage cadence le comique de répétition ; mais aussi l’effet loufoque que produit ce curieux voisin à tête disproportionnée, et en couche-culotte, qui passe au loin dans la rue, ou encore la séduisante gaucherie des personnages dans leurs tentatives de rapprochement.

Se dégagent ainsi de cette comédie romantique une sincère allégresse et une plaisante envie d’optimisme dont les versants les plus naïfs du conte urbain moderne sont largement contrebalancés par un joli travail artistique.

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