
Semaine du 26 février au 3 mars
De Park Chan -Wook- Corée du Sud -2H19 -VOST
ISemaine du 26 février au 3 mars
De Park Chan -Wook- Corée du Sud -2H19 -VOST
Yoo Man-Soo travaille dans la même société de fabrication de papier depuis 25 ans. Employé de bureau il a la vie totalement équilibrée, une femme, des enfants, deux chiens dans un pavillon entouré de verdure.
Brutalement, du jour au lendemain, le voici licencié. Les responsables de son départ argumentent qu’ils n’avaient « pas d’autre choix » que de se séparer de leurs cadres les plus anciens, celui qui se retrouve désormais sur le marché du travail va réutiliser cette phrase à son compte lorsque germe en lui une idée plutôt radicale : supprimer, au sens propre du terme, les concurrents potentiels qui pourraient freiner son retour à l’emploi.
Ce postulat extravagant n’est pas nouveau. Aucun autre choix est le remake d’un long métrage tourné en 2005 par Costa-Gavras (par ailleurs ici coproducteur et à qui Park Chan-wook dédie son film), Le Couperet, qui était déjà l’adaptation d’un roman policier américain et le réalisateur propose un film d’une originalité débordante, à la fois comédie noire et satire sociale, spectacle réjouissant et cruel du début à la fin.
Le thème de la précarité de l’emploi est au cœur du rire grinçant provoqué par cet antihéros qui s’improvise serial killer. La peur de ne pas retrouver du travail le pousse à devenir une sorte de semi-génie du mal aux techniques improbables et jusqu’au-boutistes. La solidité du récit est en grande partie due au fait que l’on ne quitte jamais le ton de la farce – même dans les moments les plus crus, la violence étant souvent frontale – sans jamais perdre de vue sa portée sociale. Park Chan-wook tourne en dérision un monde de l’emploi impitoyable et dérégulé, capable de rendre fou.
Le film plonge à grande vitesse dans le délire de son personnage en réussissant le tour de force de la faire passer pour une évidence absurde. Il doit beaucoup à son comédien, Lee Byung-hun au visage élastique halluciné qui rendrait presque son personnage convaincant. La richesse de son jeu est proportionnelle à celle de la mise en scène : séquences opératiques où la musique surprend les dialogues, découpage insolite, raccords renversants, chaque plan termine avec une idée avant que le suivant ne commence par une autre. Devant une telle inventivité, on se dit que l’on est face au travail d’un grand artiste visuel.
