GRAND CIEL

Du 5 au 10 Mars

De Akihiro Hâta – France – 1h31.
Avec Damien Bonnard, Samir Guesmi, Mouna Soulaem…

IIl est vraiment notre Jean Gabin d’aujourd’hui : en ouvrier du BTP sur un chantier de l’Est de la France, Damien Bonnard est une fois encore parfait avec sa virilité bougonne à l’ancienne. Dans ce premier film, il incarne un monde qui semble ne pas avoir changé. Le rêve de Vincent, son personnage, c’est de pouvoir offrir une meilleure vie à sa compagne, dans la version renouvelée du pavillon des années 1950 : un bel appartement au cœur du quartier éco-responsable Grand Ciel, dont il doit sortir les immeubles de terre avec une armée d’ouvriers. Parmi eux, Saïd (Samir Guesmi) se signale par sa vigilance aux manquements aux règles qui protègent les travailleurs, prêt à mobiliser tous les gars contre les petits et grands arrangements des patrons avec la loi. Un personnage qui, lui, pourrait sortir d’un film de Ken Loach.

Ces vies difficiles sont regardées avec une attention à tout ce qui y fait monter la tension : la compétition pour accéder à un meilleur poste, les jeux d’influence pour obtenir un meilleur salaire, la nécessaire obsession d’arriver à s’en sortir un peu mieux. Malgré cette vérité très à vif, le tableau d’ensemble peut sembler classique. C’est que le réalisateur y fomente un coup de théâtre. Né au Japon en 1984 et installé en France depuis vingt et un ans, Akihiro Hata révèle un penchant inattendu et audacieux pour l’étrangeté.
Glissement vers le surnaturel
Des ouvriers disparaissent. Ils étaient sans papiers et, pour cacher le travail illégal, leur absence n’est pas signalée. Mais le chantier devient un lieu de moins en moins normal, de plus en plus inquiétant. Effets de lumière, effets sonores ou visuels jouant avec la poussière du béton brut, on glisse progressivement vers le surnaturel. Et le mystère vient habilement renforcer le discours social : quel est ce pouvoir capable de broyer la masse laborieuse des exploités ? En s’affirmant fable politique mâtinée de fantastique, Grand Ciel gagne une force inédite dans le cinéma de la lutte des classes (Télérama Frédéric Strauss).
Avec son atmosphère de thriller et ses mystères, « Grand Ciel » dénonce subtilement mais très efficacement la précarité des ouvriers sur les chantiers et les dangers que font peser des patrons sans scrupule sur la santé des travailleurs (Le Parisien)..

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