RUE MALAGA

Du 19 au 24/03

Du 19 au 24 Mars
De Maryam Touzani – 1h56 – VOST (Espagnol) – 2025
Avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane

Après Le Bleu du caftan, la Marocaine Maryam Touzani revient avec une emballante tragi-comédie en forme d’hommage à sa ville natale, Tanger, et à sa grand-mère andalouse, à laquelle est dédié le film. C’est dans la « ville blanche », cité cosmopolite où est implantée, depuis les années 1930, une importante communauté espagnole, que vit depuis toujours Maria Angeles (Carmen Maura). À 79 ans, elle y coule des jours heureux, du moins jusqu’à l’arrivée de sa fille Clara. Aux abois financièrement, la jeune femme veut vendre l’appartement de sa mère, et lui propose d’aller habiter avec elle à Madrid. Arracher Maria Angeles à cette maison emplie de souvenirs et au cimetière tout proche où sont enterrés ses morts ? La décision, brutale, revient à lui enlever la vie. Après avoir misérablement végété quelques jours à l’Ehpad local, elle se révolte. En catimini, elle regagne l’appartement en vente, y improvise un resto clandestin les jours de matchs de foot, et rachète peu à peu ses meubles. C’est ainsi qu’elle rencontre un vieil antiquaire. Un « connard », juge trop vite Maria Angeles, avant de comprendre qu’il pourrait bien être la version senior du prince charmant…

La ville en elle-même est un personnage : Maryam Touzani met en scène une rue Málaga populeuse, colorée et merveilleuse, une vie de quartier faite d’entraide générationnelle, de système D. L’automne de la vie est ici abordé comme une joyeuse réinvention, presque un geste punk : Maria Angeles choisit de vivre sans filets, à un âge souvent sacrifié où les aînés font figure d’encombrants paquetages, et où les enfants décident pour eux. À sa fille, débordée et aigrie, qui semble avoir désinvesti la ville où elle a grandi et oublié d’où elle vient, Maria Angeles oppose son audace et la force vitale de son enracinement. Chose rare : la réalisation, solaire, magnifie les amours tardives, montre la sensualité des corps matures, la joie du désir retrouvé. Carmen Maura y est resplendissante et espiègle — hilarantes scènes où elle raconte ses aventures sexuelles à sa meilleure copine, une religieuse ayant fait vœu de silence, réduite à lancer des regards effarés, et à se signer devant la débauche de détails grivois qui font saigner ses chastes oreilles. (Hélène Marzolf/Télérama).

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