
Film de Andrew Patterson – 2h10 – USA – VOST
Avec Matthew McConaughey, Angelina Lookingglass, Kurt Russell…
Cela commence sur le parking d’un « drive ». Cinq hommes se réunissent autour d’une table, instruments sous le bras. Autour d’eux, la vie de ce coin perdu suit son cours, imperturbable. Le générique défile selon un montage saccadé. C’est l’introduction tout en grattements de cordes et claquements de talons d’un film musical singulier, bercé par le banjo, la guitare acoustique et la contrebasse du bluegrass, et surtout par la voix rauque, traînante, familière, de Matthew McConaughey.
L’acteur texan est ici Amziah King, un apiculteur illuminé et mélomane, et cela lui va comme un gant. L’artisan fauché mais passionné murmure à l’oreille des abeilles le jour, pousse la chansonnette la nuit, et prend sous son aile la jeune Kateri (Angelina LookingGlass, une révélation), orpheline aux origines natives qui fut un jour placée chez lui, et qu’il a croisée à nouveau dans un « diner ».
À bord d’un pick-up usé par les kilomètres, à travers les champs de ruches et d’éoliennes d’une Amérique des marges, se déploient tout autant l’intimité d’un récit d’apprentissage et de transmission filiale que la violence d’un thriller ancré dans le matérialisme d’une guerre industrielle et idéologique. Avec, en filigrane, un parallèle entre le fonctionnement des rapports humains (sociaux, familiaux, professionnels) et celui de la ruche. La métaphore est un peu tirée par les cheveux, mais opère d’autant mieux que le réalisateur cultive, tout au long du film, un sens aiguisé de la dérision (Télérama).
C’est un film joyeux, sincère et émouvant qui vous marquera à jamais…
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