HOTEL BY THE RIVER

« Hotel by the River », la nouvelle ode intimiste du Coréen Sang-Soo Hong

Le maître du cinéma sud-coréen creuse un peu plus son exploration des sentiments  dans un huis clos mélancolique.

Ki Joo-bong, Min-Hee Kim et Seon-mi Song dans « Hotel by the River » de Sang-Soo Hong. (Copyright 2018 Jeonwonsa Film Co.)

 

Habitué des festivals internationaux, le Coréen Sang-Soo Hong était encore sélectionné à Cannes cette année, avec Heaven: To The Land Of Happiness, bientôt sur les écrans. Prolifique, le réalisateur sort le 29 juillet Hotel by the River, où cinq personnages vont se croiser dans un hôtel enneigé : un poète qui renoue avec ses deux fils, tandis que deux amies se confient sur leurs relations houlouses avec les hommes.

Dialogues des sentiments

Un poète solitaire convoque ses deux grands fils dans l’hôtel où il s’est réfugié, sentant qu’il va bientôt mourir. Il y rencontre deux jeunes femmes dont l’une a demandé à une amie de venir la soutenir après une déception amoureuse. Tous s’interrogent sur les relations entre les hommes et les femmes, avec comme point commun, un sentiment d’échec.

Sang-Soo Hong a ses inconditionnels et ses détracteurs. Tous reconnaissent cependant son exigence d’auteur, couronnée de nombreux prix et sélections à Cannes, Berlin, ou Toronto… Hotel by the River a ainsi remporté le Prix d’interprétation masculine à Locarno, attribué à Ki Joo-Bong, le vieux poète du film. Centré sur l’analyse des sentiments, le cinéaste privilégie les dialogues et le plan séquence, avec, on l’imagine, une part d’improvisation.

Page blanche

Force est de reconnaître que l’on peut rester insensible aux états d’âmes de cet homme qui a délaissé son épouse, entrecroisés avec ceux des deux jeunes femmes et leurs relations avec les hommes. Leurs ressentiments respectifs n’interfèrent jamais, mais sont en miroir. Une approche masculine et féminine qui rappelle Chained et Beloved, sortis la semaine dernière. Sang-Soo Hong s’identifie avec humour à l’un des deux fils du poète : un réalisateur célèbre « qui ne plait pas à tout le monde » !

Hae-hyo Kwon, Ki Joo-bong et Yoo Joon-sang dans « Hotel by the River » de Sang-Soo Hong. (Copyright 2018 Jeonwonsa Film Co.) La rivière du titre, que l’on ne voit jamais, est celle du temps, les douleurs passées, au coeur du film. L’image noir et blanc, dominée par une neige immaculée, évoque une page blanche où le spectateur projetterait ses propres sentiments. Cette empathie, courante dans le cinéma très dialogué de Sang-Soo Hong, se préterait très bien à une version théâtrale. L’affiche de « Hotel by the River » de Sang-Soo Hong. (Les Acacias)

La fiche

Genre : Drame
Réalisateur : Sang-Soo Hong
Acteurs :  Ki Joo-bong, Min-Hee Kim, Hae-hyo Kwon
Pays : Corée du Sud
Durée : 1h36
Sortie : 29 juillet 2020
Distributeur :  Les Acacias

Synopsis : Un vieux poète, qui loge dans un hôtel au bord d’une rivière, fait venir ses deux fils, pensant que sa fin est proche. Lieu de retrouvailles familiales, l’hôtel est aussi celui d’un désespoir amoureux : une jeune femme trahie par l’homme avec qui elle vivait vient y trouver refuge et demande à une amie de la rejoindre…

 

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