Chongqing blues

CHONGQING BLUES

De  Wang Xiaoshuai – Chine – 1H55 –VOST

Avec : Xueqi WangFan BingbingHao Qin

Les salles françaises mettent à l’honneur le réalisateur Wang Xiaoshuai, récemment acclamé pour son film So long, my son, en projetant pour la première fois Chongqing Blues, sélectionné à Cannes en 2010. Comme dans son dernier long-métrage, le réalisateur explore de manière bouleversante et avec beaucoup de profondeur les thèmes du deuil et de la parentalité. En toile de fond, toujours, une Chine en pleine mutation et en proie à ses contradictions.

Chongqing blues est un film sur l’absence, du père d’abord, puis du fils. Les deux hommes vivent cette expérience du manque en différé. Leurs destins se croisent et se répondent avec une certaine ironie.

On est immédiatement subjugué par la beauté des images de cette mégalopole chinoise, magnifiée par le réalisateur. Dès la séquence d’ouverture, on voit émerger au milieu de baraquements délabrés des gratte-ciel qui se fondent dans le brouillard. L’atmosphère dégagée par cette ville fantomatique renvoie à la mélancolie du père endeuillé. Elle est sublimée par des images à dominante bleue, couleur qui évoque la nuit, le passé et les lambeaux de souvenirs qui lui restent de son fils disparu.

La culpabilité grandissante du père, son désarroi face à une tragédie contre laquelle il ne peut plus rien, s’expriment de manière poignante au moyen de silences, longs et intenses, que le réalisateur exploite avec finesse. L’interprétation de Wang Xueqi, pleine de sobriété, donne une très grande force au personnage de Mr. Lin, qui refuse que ce fils qu’il n’a presque pas connu sombre dans l’oubli.

Le père s’efforce de faire revivre le passé, en mettant bout à bout les souvenirs qu’il recueille. Cette reconstitution génère parfois une certaine confusion, avec le risque de nous perdre un peu. Mr. Lin poursuit sa quête en interrogeant les amis de son fils et tente de s’en rapprocher, comme pour recréer par-delà la mort le lien qu’il a lui-même rompu quinze ans auparavant. Il se heurte cependant au regard de la jeune génération, fuyante et insaisissable, qui le renvoie à sa responsabilité.

Le réalisateur a choisi de filmer la ville en mouvement, caméra à l’épaule, avec relativement peu de lumière, afin que l’image reflète au mieux toute la richesse émotionnelle des acteurs. 

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